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28.08.2007
"Bretons, têtes de cons"
Les propos de Nicolas Sarkozy sur les bretons font jaser dans le grand ouest. L’occasion de demander réparation et justice au chef de l’Etat sur quelques grands projets régionaux encore en suspens.
A écouter en direct ici
« Qu’est-ce qu’on va foutre dans un centre opérationnel sinistre à regarder un radar ? Qui a eu cette idée de demeuré ? (...) Je me fous des Bretons. Je vais être au milieu de dix connards en train de regarder une carte ! (...) Derniers jours de campagne dans une salle à voir une carte ! Grand sens politique vraiment ! ». Voici les propos peu amènes qu’aurait tenu Nicolas Sarkozy à l’occasion de l’un de ses déplacements en Bretagne, au Cross Corsen (1). Adressés à son directeur de campagne, ils sont repris dans le livre de Yasmina Reza, « L’aube, le soir ou la nuit ». Flammarion, l’éditeur du livre promettait à sa sortie un événement littéraire. A la lecture de cet extrait, mieux c’est à une explosion… d’indignation que l’on assiste et c’est en Bretagne que cela se passe.
Démenti élyséen
Comme dans de pareils cas, l’Elysée s’est fendue d’une réaction sous forme « c’est pas vrai, c’est pas moi qui l’ai dit », relève le journal Le Télégramme qui reprend cette information dans ses colonnes. En soit, dirons les partisans du chef de l’Etat, on peut comprendre la lassitude d’un candidat en campagne qui se fait expliquer l’importance de l’océanographie côtière opérationnelle appliquée au transport maritime par portes-containers ou tankers.
En soit, dirons les Bretons, merci de donner l’occasion à cette région de se mettre au devant de l’actualité du chef de l’Etat et de lui rappeler qu’elle attend depuis un certain temps déjà les décisions suivantes :
- La construction d’un second porte-avions. La décision ne cesse d’être remise aux calendres grecques. Soit il est utile, et il faut trouver les moyens. Soit il est inutile et l’on peut déjà passer une annonce dans un gratuit pour vendre d’occas' le Charles de Gaulle.
- Le transfert des sous-marins nucléaires d'attaque (à propos il y en a six) à l’île Longue. Située près de Brest, cette base navale rassemble les forces nucléaires sous-marines françaises. Quoi de plus logique, dans une période de rationalisation budgétaire, que de rassembler l’ensemble des sous-marins au même endroit pour en améliorer la gestion. A moins que la ville de Toulon ne dispose d’autres arguments, plus politiques, à faire valoir.
- La signature de la charte européenne des langues régionales. Son application devrait donner un vrai statut aux langues minoritaires, parmi lesquelles le breton, le basque, l’alsacien… sans remettre en cause la primauté du français. La plupart des pays de l’Union européenne l’ont intégrée dans leur droit national.
- La négociation du politique agricole commune (PAC) qui fasse la part belle à l’environnement. Qui sont les agriculteurs les plus subventionnés par l’Union européenne ? Les plus gros, à commencer par le prince de Monaco ou la reine d’Angleterre avec leurs propriétés agricoles. Pas grand-chose pour ceux qui désirent proposer une alternative à l’industrialisation de l’agriculture et aspire à vivre dignement du fruit de leur travail.
- De vraies mesures pour la protection des marins. Applaudi lors de son arrivée lors des obsèques de Bernard Jobard, ce marin-pêcheur mort en mer suite à la collision de son navire avec un cargo, Nicolas Sarkozy, en plus de soutenir les victimes, pourrait permettre la création d’un véritable statut international des marins. Ce qui permettrait d’améliorer leur sécurité, leurs conditions de travail, et par là la sécurité sur les mers du globe. Pour l’heure, l’organisation maritime internationale peine à avancer sur ces questions sociales.
- Une véritable liaison grande vitesse. On sait l’Etat avare de son soutien financier aux grands projets d’infrastructures en cette période de disette budgétaire. Néanmoins, le projet de TGV Ouest (liaison Brest-Paris à trois heures) est ralenti par les pressions réalisées par les élus sarthois. Ceux-ci craignent que la ligne de déviation ainsi créée pour relier Paris à Rennes, en ne passant plus par leur ville, accélèrerait ou entraînerait une diminution de l’attractivité locale. Le décisionnaire en la matière, François Fillon, élu de Sablé dans la Sarthe. A vot’ bon cœur, Messieurs, dames.
- Permettre la réunification de la Bretagne. Sur décision de la république de Vichy, Nantes, capitale historique de la région, on y trouve le château des ducs de Bretagne, est intégrée dans une autre région. Par mesure symbolique, et de bon sens eu égard à l’empilement des structures administratives en France, vive la Bretagne à cinq départements (Bretagne actuelle + Loire-Atlantique)
- Venir passer ses prochaines vacances chez les ploucs. A en juger par les retombées médiatiques de son périple américain, la présence du président de la République améliore les retombées touristiques sur une région toute entière. Qui avait déjà entendu parler de Wolfeboro avant qu’il ne devienne le lieu de villégiature de Nicolas Sarkozy ? Pas grand monde. On attend donc de connaître la prochaine destination de vacances du chef de l’Etat pour réparer sa maladresse : Sainte-Marine, dans le Sud-Finistère, ou bien Perros-Guirec, dans les Côtes-d’Armor ? Décider c’est choisir.
1. Les Cross sont en charge de la surveillance des routes maritimes.
08:20 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, Bretons, Brest, Finistère, Bretagne, Modem, UMP
25.08.2007
Décès de Raymond Barre
Raymond Barre vient de décéder. Professeur d'économier et ancien Premier ministre de Valéry Giscard d'Estaing, après la démission de Jacques Chirac en 1976, il a fait figure d'Ovni dans le monde politique ne sacrifiant pas à la démagogie quitte à paraître un tantinet mollasson.
On lira sur Wikipédia> sa biographie.
09:45 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Barre, UDF, Modem, Brest, Cabon
23.08.2007
A quoi sert le stationnement payant ?
La question qui fâche du Télégramme revient aujourd'hui sur une question que l'ensemble des automobilistes se pose : pourquoi le stationnement n'est-il pas gratuit l'été ?
La première raison est qu'il rapporte de l'argent. C'est d'ailleurs la seule. Au-delà de l'été, on peut d'ailleurs se poser la question de savoir à quoi sert le stationnement payant tout court ?
La régulation par l'argent de la circulation automobile pourrait justifier ces tarifs. C'est oublier un paramètre d'importance : la vitalité du commerce de centre-ville. Déjà confronté à une forte concurrence de la part des zones commerciales périphériques et à de fortes perturbations à prévoir lors des travaux du tramway et de la rénovation des halles Saint-Louis, le commerce de centre-ville doit être un signe de la vitalité d'une ville. Pourquoi alors ne pas proposer, comme cela se fait ailleurs, que les arrêts inférieurs à une quinzaine de minutes, le temps de faire ses courses, soient dispensés du paiement du ticket d'horodateur.
Pourquoi ne pas proposer que les voitures dites propres puissent accéder au stationnement public de manière gratuite ?
Le débat est ouvert.
Et ci-après le communiqué du Modem Brest sur cette question.
"Le Télégramme posait récemment la question du stationnement payant l'été sur Brest. Une question qui fâche assurément. Un peu moins cependant que la question du stationnement payant tout au long de l'année. Celui-ci n'a eu de cesse d'augmenter dans son périmètre et par ses tarifs. Si bien que certains automobilistes gagnent, du point de vue financier, à payer leurs amendes plutôt que leur ticket d'horodateur.
Face à la rénovation des halles Saint-Louis, les travaux du potentiel tramway et l'attractivité grandissante des zones commerciales périphériques, la question du stationnement rejoint celle de la vitalité du commerce de proximité de centre-ville. Ainsi, le Mouvement démocrate propose à la réflexion plusieurs idées : l'instauration d'un forfait de gratuité pour les arrêts de très courte durée ; l'augmentation des places gratuites en permanence, trop peu nombreuses aujourd'hui, près des commerces ; ainsi que le fait de favoriser dans leur stationnement les véhicules écologiques. Au-delà de cette question, se pose également celle du stationnement réservé aux personnes handicapées et la problématique des transports en commun qui ne pourra pas être vue uniquement par le petit bout de la lorgnette du projet de tramway.
07:45 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Stationnement payant, horodateur, commerce, Brest, Cabon
18.08.2007
Souviens toi Barbara
de Jacques Prévert
Souviens toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
Épanouie ruisselante
Sous la pluie
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest
Et je t'ai croisée rue de Siam
Tu souriais
Et moi je souriais de même
Rappelle-toi Barbara
Toi que je ne connaissais pas
Toi qui ne me connaissais pas
Rappelle-toi
Rappelle-toi quand même ce jour-là
N'oublie pas
Un homme sous un porche s'abritait
Et il a crié ton nom
Barbara
Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante ravie épanouie
Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara
Et ne m'en veux pas si je te tutoie
Je dis tu à tous ceux que j'aime
Même si je ne les ai vus qu'une seule fois
Je dis tu à tous ceux qui s'aiment
Même si je ne les connais pas
Rappelle-toi Barbara
N'oublie pas
Cette pluie sage et heureuse
Sur ton visage heureux
Sur cette ville heureuse
Cette pluie sur la mer
Sur l'arsenal
Sur le bateau d'Ouessant
Oh Barbara
Quelle connerie la guerre
Qu'es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer
De feu d'acier de sang
Et celui qui te serrait dans ses bras
Amoureusement
Est-il mort disparu ou bien encore vivant
Oh Barbara
Il pleut sans cesse sur Brest
Comme il pleuvait avant
Mais ce n'est plus pareil et tout est abîmé
C'est une pluie de deuil terrible et désolée
Ce n'est plus le même orage
De fer d'acier de sang
Tout simplement des nuages
Qui crèvent comme des chiens
Des chiens qui disparaissent
Au fil de l'eau sur Brest
Et vont pourrir au loin
Au loin très loin de Brest
Dont il ne reste rien
10:44 Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Brest, Prévert, Barbara







