16.07.2007

Informatique et politique : les liaisons dangereuses

On peut être une star de renseignement et se révéler un piètre informaticien. Faute d’avoir su effacer les données de son ordinateur, le général Rondot se trouve aujourd’hui dans une situation complexe au regard de la justice de notre pays. L’affaire Clearstream (1) vient de connaître de récents rebondissements qui mettent en cause Dominique de Villepin qui a certainement connu des jours meilleurs. Surpris, l’ancien Premier ministre s’est vu demander son portefeuille pour un examen approfondi de son contenu et plusieurs clés USB et Cd-Rom ont été saisis par la justice.

Les suites judiciaires diront, peut-être, ce qu’il en est exactement. Les troubles manipulations des fichiers informatiques de comptes réels ou suspendus de personnalité de premier plan montrent que l’informatique ne se conjugue pas au temps de la vérité. On ne saurait trop conseiller alors aux conseillers de l’Elysée et des ministères de jeter leurs Blackberry en cas d’informations pouvant mettre à mal leurs défenses futures en cas de dossiers chauds bouillants.

Mon Blackberry ou je fais un malheur !

Issus pour partie du monde des entreprises, certains d’entre eux, addicts en quelque sorte, ne peuvent se passer de leurs « assistants personnels ». Cela ne prépare pas le café, ni de réalise des photocopies pour les dossiers urgents en triple exemplaire mais tout de même. Avec eux, on peut recevoir des messages électroniques, téléphoner, jouer à Tétris pendant les réunions un peu longuettes, et même, je connais un homme qui connaît un homme qui connaît un ours qui, travailler avec. Or, on le sait dans un contexte de guerre économique, d’espionnage industriel, les informations sont une ressource essentielle et une denrée à forte valeur ajoutée. Sur ses ennemis, c’est une évidence, sur ses amis, c’est de la prudence. Le Blackberry deviendrait alors, potentiellement, l’enigma du XXIème siècle, Enigma la machine, pas le groupe, c’est dire. Les recommandations du Secrétariat Général de la Défense Nationale, car c’est lui qui s’inquiète de ces usages, ne sont dénuées de fondements. Les protocoles informatiques qui régentent les communications ne sont pas, loin s’en faut, sans failles de sécurité. Un article revient sur cette question de protocole en étendant la question à l’ensemble de ceux qui régissent les systèmes d’information.

Ma broyeuse à papier is fantastic

D’autres modes publics sont également sur la sellette et font l’objet d’une attention particulière de la CNIL (Commission Nationale Informatiques et Libertés) qui vient de publier un rapport sur la question : dossier médical personnel, qui a accès à quoi ?, vote électronique, peut-on imaginer le vote à distance ?, vidéo-surveillance, quelles utilisations des vidéos ainsi récoltées ?

Il en est un qui a compris les méfaits possibles de l’usage intempestif de l’informatique. Il s’agit de Nicolas Sarkozy. Une photo illustrant son entretien au Journal du Dimanche du 8 juillet 2007 en témoigne. D’abord on constate l’absence d’ordinateur sur le bureau présidentiel, un gros téléphone type standard avec une ligne rouge directement relié au siège du parti socialiste, pour y téléphoner en imitant Gérald Dahan ou Jean-Yves Lafesse (2), et surtout sur la droite, évidemment, en-dessous du portrait de Charles De Gaulle sur la cheminée, une poubelle mécanique, autrement dit : un broyeur à papier. La prévoyance est l’ennemie de la modernité.

1. A cet égard, la lecture des ouvrages de Denis Robert sur la question, ainsi que son roman s’inspirant de cette affaire, sont une source inépuisable d’interrogations et démontre un réel talent de la part de son auteur pour l’investigation.

2. Pas de vidéo de Jean-Yves Lafesse ici pour cette raison.

Nicolas_Sarkozy_Bureau.jpg






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Commentaires

En fait de "bombes ",il en est une en particulier qui,demain,peut mettre à bas Notre Société :
"c'est à l'écran" = LA Vérité
"Ce n'est pas à l'écran" = Non-existence,ou du fait,ou ,pis : de la Personne.
...
Dans les années de démarrage,à l'aveugle,vers 1975 en médecine,et malgré Tous les Risques incalculables,je m'étais "rebellé"...Pour prendre date .
/
On voit bien où en en est aujourd'hui...
A la même époque, un Groupe anar,situé dans le Sud-ouest ,le G.R.A.P.O ,menaçait de faire exploser ces réseaux qui se mettaient en place...
On en sourait !!!
........
Las,demain matin,nous pourrions ne plus exister ,Tous en Choeur, n'étant "Plus à l'écran".
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Que dire des Listes Marketing,des Dossiers "Secrets Industriels",médicaux,Clients,Compta,Banques...
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J'ai toujours prétendu que la doublure "papier",synthétique,devait être prévue et appliquée partout/...Foin de ces archaïques méthodes d'un autre âge !
....Un ou deux Groupes chevronnés pourraient,sans doute,assez rapidement,si le systéme bancaire n'était là pour nous protéger(puisque les terroristes en ont plus besoin que nous) tout faire "sauter"...
/
A méditer,sur la précarité et la Vanité....
....
Mais,ne sombrons pas dans le pessimisme ,et goûtons plutôt les oeuvres poétiques de Monsieur de Villepin.

Ecrit par : jean louis Bars | 16.07.2007

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