24.06.2008

L'actualité, un plat qui se repasse

Par définition, l'actualité c'est tous les jours et cela change tout le temps. Cette ritournelle peut parfois finir par lasser. Voici ce qu'en disait Albert Camus, cité par Jean Nouailhac dans les Médiacrates, enquête sur une profession au-dessus de tout soupçon. « Voici la rentrée, on va reprendre les tractations, les marchandages, les chicanes. Les mêmes problèmes qui nous excèdent seront conduits dans les mêmes impasses Et chaque fois qu'une voix libre s'essaiera à dire, sans prétention, ce qu'elle en pense, une armée de chiens de garde de tout poil, et de toute couleur aboiera furieusement pour couvrir son écho ». C'était dans Combat le 30 avril 1947. Quelle belle acuité !


  • Ces jours-ci l'actualité se repasse comme un plat qui se mange froid. Sur le thon rouge d'abord. On sait depuis longtemps que cette espèce, au moins en Méditerranée, est menacée par la surpêche. Différentes réglementations, notamment européennes, visent à en diminuer l'exploitation pour conserver des stocks suffisants au grand dam des très riches armements qui exploitent ce poisson historique de Mare Nostrum.
  • Le gouvernement lance une grande campagne d'explication sur le pouvoir d'achat. Pour quatre millions d'euros, il va tenter d'expliquer aux consommateurs qui fixent son attention sur quelques prix symboliques, dont le prix de l'essence, que tout ne va pas si mal. Pour ce montant-là, on aurait pu imaginer donner des leçons d'économie à nos concitoyens.
  • Aujourd'hui est annoncé un énième plan de sauvegarde de la Sécurité sociale. Pour « atteindre l'équilibre », ce sont cette fois-ci les malades longue durée qui devront mettre la main à la poche. A hauteur de trois milliards de frais médicaux non-remboursés par an.

 

  • L'Union européenne se retrouve dans une nouvelle crise existentielle suite au refus des Irlandais de donner leur accord au Traité de Lisbonne. Ainsi, on entend des accusations à l'encontre des habitants de l'Irlande comme quoi, après avoir touché plus de 30 milliards d'euros de subventions européennes, depuis son entrée en Europe (ce qui est bien moins que l'argent touché par les agriculteurs français), il est impensable de saboter la construction européenne en votant contre. L'argent ne serait donc pas un agent corrupteur suffisant. Damned. Faute d'avoir su valider un mode de fonctionnement et une organisation efficiente, l'Europe est en panne et le restera sauf à fonctionner en plusieurs groupes, les partisans d'une Europe politique intégrée d'un côté et ceux qui lui préfèrent une version édulcorée, minimaliste, de l'autre.

 

Quatre sujets qui ronronnent dans le moteur de l'actualité. Encore dans les Médiacrates, l'auteur reprend une partie de la nécrologie de Roger-Pol Droit à propos de Jean-François Revel : « Leurs vrais ennemis : la pensée qui s'égare, l'émotion qui aveugle et fait taire la raison, la croyance qui s'accroche et submerge l'entendement, les mots qu'on prend pour des idées, les illusions qu'on transforme en objectifs à atteindre ». Toujours d'actualité.

14.06.2008

Sur la vallée du Costour

Eric Basquin se bat comme un beau diable pour préserver cette vallée exceptionnelle, située entre Guipavas et le Relecq-Kerhuon.

05.05.2008

D'un point de vue administratif

C’est une histoire de touillettes manquantes au distributeur de café, de camemberts péruviens et statistiques, de Chili con carne, du misérabilisme de la fonction publique, du je m’en foutisme au travail, de la place du Yucca, face à la fenêtre ou derrière le bureau, de placard, de carte de restauration perdue puis retrouvée, de slides sur la productivité, de l’Affaire qui secoue la République, de cuvée du Chaman, de secrétaire administrative au sein de l’administration, de la venue de le, de la, de le-la ministre, e questionnaires qualitatifs, de biotopes sociologiques, de messagerie interne, du prix du repas à Paris, de vacances, de My Funny Valentine, de fils de, de poésie, de kit pour réaliser soi-même une affaire médiatique, d'absurdité, de surdité, de tout cela oui mais d’un point de vue administratif.

D’un point de vue administratif, de Francis Mizio. Editions Baleine. Francis Mizio est également l'auteur d'un blog sur Rue 89.

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14.04.2008

Déclaration de François Bayrou

Un lien intéressant à consulter pour connaître les futures orientations du Mouvement démocrate.

"Un certain nombre des fondamentaux qu'a choisis Nicolas Sarkozy sont préoccupants pour notre pays.

Je veux en citer quatre exemples, de désaccords profonds :

Nous sommes en désaccord depuis le premier jour avec la politique qui a été choisie pour les finances publiques de notre pays, qui a consisté à laisser croire follement, pendant des mois, que l’équilibre se retrouverait par la distribution d’argent facile, en particulier par des avantages fiscaux pour ceux qui étaient déjà les plus favorisés. Cette politique de légèreté, en peu de mois, a conduit à un déficit de dix milliards d’euros supérieur au déficit de l’année précédente. Cette politique « keynésienne », ou pseudo-keynésienne, qui est, disons-le en passant, traditionnellement, la politique même du parti socialiste, va déboucher sur un accident économique et budgétaire sans précédent car il n’y a plus de marge de manœuvre, et il n'y a plus de soupape d'échappement.

Nous sommes en désaccord avec les fausses promesses et nous craignons la crise sociale qu’une telle déception peut entraîner. On a promis, pendant la campagne présidentielle, à des Français qui l'ont cru, tout et le contraire de tout : on a promis l’augmentation du pouvoir d’achat ; on a promis qu’on rendrait aux Français 68 Milliards d’euros ; on a promis le Revenu de solidarité active pour les plus pauvres ; on a promis des droits sociaux supplémentaires ; on a promis que l’éducation serait la priorité de la nation. Aucune de ces promesses n’a été respectée et aucune ne le sera car leur addition était en soi intenable, comme je l'ai dit pendant la campagne présidentielle. Leur addition était intenable étant donné la situation du pays. Mais on a appliqué la vieille loi qu’on enseignait dans les Hauts-de-Seine : « les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent ». Cet abus de promesses a nourri le risque d’une crise sociale, la pauvreté gagnant, et les classes qu’on appelait hier moyennes étant de plus en plus exposées, aussi bien aux franchises, qu’à l’augmentation des produits de première nécessité comme le gaz, ou à un appel général aux mutuelles. Je ne sais pas quelle forme peut prendre cette crise sociale, mais à l’état endémique, cette crise sociale est le fond de l’humeur de notre pays.

Nous sommes en désaccord avec ce que Nicolas Sarkozy a choisi de faire de la fonction présidentielle. Et nous avons une tout autre idée de ce que doit être le président de la République. Pour nous, le président de la République, c’est l’homme de la nation et non pas l’homme d’un parti ou d’un clan. Il est pour nous incompatible avec l’idée de la fonction d’imaginer que le président de la République puisse, au vu et au su de tout le monde, présider au comité qui organise la majorité. Cela veut dire qu’il est le représentant de ses partisans, et non pas le représentant du pays tout entier. Or dans les mois et les années qui viennent, plus que jamais, le pays a besoin d’un président qui soit au-dessus des intérêts et des contingences des partis. Car les problèmes qui viennent ,menacent la nation tout entière, dans sa substance, dans son tissu social, dans son unité.

C’est la fonction symbolique du président de la République qui est en jeu. Je sais bien que nous sommes dans un temps où certains croient que « symbolique » signifie « de peu d’importance ». Le ministre de la Défense a récemment déclaré ainsi que vraiment le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN « était une affaire purement symbolique ». Or les peuples et les hommes, et tous les temps sont là pour le confirmer, n’ont cessé d’éprouver que le symbolique était au contraire essentiel, au sens le plus lourd du terme.

C’est pourquoi , quatrième sujet de préoccupations urgent, nous nous battrons de toutes nos forces pour persuader notre pays et l’ensemble des décideurs que cette décision de faire rentrer la France dans la structure intégrée de l’OTAN est une faute pour notre pays. C’est la perte d’un atout, symbolique et donc décisif, pour son identité, pour sa voix singulière dans le monde et en Europe. Depuis des décennies, et particulièrement durant ces dernières années, un équilibre avait été trouvé qui répondait au double intérêt de notre pays : nous étions des partenaires dans l’alliance atlantique, capables de participer chaque fois que nous l’estimions juste et nécessaire, comme on l'a vu lors de la première guerre du golfe, come on l'a vu dans les Balkans, comme on l'a vu en Afghanistan. Mais nous affirmions en même temps notre singularité, notre capacité de dire non, haut et fort, haut et clair, et le monde entier le savait, le monde entier en tout cas l’a vérifié au moment du « non » retentissant que la France de Jacques Chirac a opposé à la décision américaine d’envahir l’Irak. C’est un abandon historique qui est en train de se préparer ici et le fait que cet abandon soit, en effet, symbolique, s’entendra dans le monde entier et chacun prendra acte de ce que la France est redevenue pays comme les autres."

07.04.2008

Free Tibet. Le poids des mots, le choc des images

Intéressante cette pause de midi devant la télévision. Où la flamme olympique cherchait à trouver son chemin dans une forêt de manifestants pro-droits de l'homme (car ce n'est pas être contre la Chine que de réclamer les droits les plus fondamentaux que sont la liberté d'expression, d'opinion et d'association). Où les manifestants, virulents mais pacifiques, montraient que l'on peut faire beaucoup sans avoir recours à la force. Cela promet de belles échauffourées lors des prochaines étapes de la flamme olympique. A noter qu'il est temps que les personnes interviewées lors des émissions télévisées mettent leur logiciel à jour puisque personne ne demande de boycotter les jeux olympiques par les sportifs autant cesser de discuter cette position et d'en faire un argument contre toute manifestation contre le totalitarisme en générale et celui du parti communiste chinois en particulier.

02.04.2008

Non, François Bayrou n’est pas seul

Non, François Bayrou n’est pas seul



A l’aune de certains commentaires ou aux vues des déclarations de quelques nostalgiques de l’UDF, les français pourraient croire François Bayrou isolé. Il serait barricadé avec quelques irréductibles dans la forteresse de ses convictions et de son ambition.


L’image est plaisante mais nous voulons dire combien elle est fausse. Nous qui
avons conduit des listes Modem dans 24 villes de France de plus de 100 000
habitants affirmons ici combien les convictions et les ambitions portées par le président du Mouvement Démocrate sont partagées. Nous incarnons la nouvelle génération annoncée pendant la campagne présidentielle

Nous sortons du clivage gauche-droite, nous n’acceptons pas les vieilles recettes qui usent la
foi de nos concitoyens en la démocratie, nous proposons un modèle de développement économique mieux partagé, nous choisissons le développement durable et l’Europe est notre horizon politique.

Nous avons montré, dans cet exercice politique fondateur que sont les élections municipales, notre capacité à rassembler des équipes et à porter un projet différent de ceux du PS et de l’UMP. Certes les résultats sont parfois en deçà des objectifs mais nous sommes tous conscients d’avoir posé les fondations.


Le Mouvement Démocrate est une organisation naissante, encore dans la transition avec la structure héritée de l’UDF et son fonctionnement n’est pas exempt d’erreurs et de ratés. Pour autant, grâce à l’enthousiasme des militants, notre mouvement s’est installé dans le paysage politique à l’occasion de ces élections et nous comptons aujourd’hui un bon nombre élus, reconduits ou nouveaux. Aussi sommes nous prêts à prendre nos responsabilités et notre part dans l’organisation à construire pour demain.


Notre engagement politique n’est en effet pas éphémère et nous sommes aux côtés de François Bayrou. Il a eu la lucidité d’ouvrir un nouvel espace politique et de dessiner les contours d’une France apaisée, ambitieuse et respectueuse de ses idéaux. Nous la bâtirons avec lui.

Eric Lafond (Lyon), Philippe Berta (Nîmes), Christophe Hénocq (Argenteuil), Jean-Jacques Belezy (Limoges), Mireille Alphonse (Montreuil), Sylvain Canet (Boulogne-Billancourt), Yannick Leflot-Savain (Amiens), Philippe Gonon (Besançon), Gilles Artigues (St Etienne), Benoit Blineau (Nantes), Philippe Lailler (Caen), Hervé Cael (Nice), Chantal Cutajar (Strasbourg), Caroline Ollivro (Rennes), Bruno Ravaz (Toulon), Dominique Fanal (Le Mans), Clotilde Ripoull (Perpignan), Richard Morales (Villeurbanne), Mickael Cabon (Brest), François-Xavier de Peretti (Aix-en-Provence), Georges Fandos (Montpellier), Guillaume Lapaque (Tours), Michel Fanget (Clermont-Ferrand

01.04.2008

Tokio hôtel à Brest

Il y aura du spectacle le 14 juillet prochain à Brest pour le concert du groupe post-rock adolescent Tokio Hôtel. Le groupe allemand se produira en effet dans l'après-midi, à un horaire qui n'est pas encore convenu, sur la pelouse du stade Francis Le Blé pour un concert dont, c'est peu de dire, il sera le seul spectacle valable de la saison. Ce concert sera l'unique représentation française de la tournée mondiale du groupe teuton. La première partie sera assurée par Jennifer dans le cadre du rassemblement de vieux gréements "Brest 2008". Le prix des places devrait osciller entre 30 et 40 euros, à l'exception des titulaires de la carte Family du groupe Ikea qui sponsorise l'événément pour s'attirer les bonnes grâces du public brestois quelques semaines après l'ouverture de son magasin dans la zone du Froutven. Nul doute que les 35.000 places assises du stade trouveront preneurs très rapidement. Priorité sera donnée, selon les organisateurs, selon leur communiqué de presse, à toutes les personnes arborant un sourire. Hier, se rassemblait déjà une foule bigarrée de fans pour pré-acheter leurs billets (voir la photo).

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29.03.2008

Livre blanc de la défense et de la sécurité nationale

Intervention lors de la soirée débat de l'Université Européenne de la paix à Brest, ce jeudi 27 mars 2008

Fin de l'opposition de blocs, émergence de nouvelles puissances, mondialisation de l'économie, crises environnementales, au cours des vingt dernières années le monde a considérablement changé, les facteurs d'insécurité aussi. À quelles menaces considérez-vous que nous devons aujourd'hui faire face?



En 2004 ; Kofi Anan, alors secrétaire général de l'Onu, avait commandé un rapport à plusieurs personnalités planétaires sur le thème suivant : « Un monde plus sûr : une responsabilité partagée ». Plusieurs menaces sur l'équilibre planétaire sont précisées :

- Les menaces d'ordre économique et social (pauvreté, maladies infectieuses, dégradation de l'environnement, etc.);
• Les conflits entre États; pour des questions de partages de ressources ou de territoires
• Les conflits internes (guerres civiles, génocide et autres atrocités, etc.);
• Les armes nucléaires, radiologiques, chimiques et biologiques;
• Le terrorisme;
• La criminalité transnationale organisée

A ces six sources de conflits, il faudrait ajouter les risques de conflits économiques, dont la potentialité est démultipliée par la mondialisation des échanges et la co-dépendance des places financières entre-elles.



Dans ce rapport, l'on voit que la corrélation entre les conflits et le niveau de pauvreté est considérable. L'un des premiers rôles des Nations Unies est de permettre un accès aux services fondamentaux (santé, alimentation, éducation) à la population mondiale. L'hyper-terrorisme semble être la menace la plus nouvelle, et imprévisible, de par les formes qui sont les siennes. Hyper-terrorisme, dont Robert Redeker dit qu' « il n'est pas une révolution mais une guerre sans visée politique ».





Le recours aux armes est-il la solution ? Quelle place voyez-vous pour la prévention et la résolution non violente des conflits ? Etablie à partir des nations victorieuses de la deuxième guerre mondiale, l'Organisation des Nations Unis n'a guère évolué depuis sa création voilà plus de cinquante ans. Quelle adaptation convient-il, selon vous, d'apporter au fonctionnement des Nations Unies afin de pouvoir en appliquer pleinement la Charte, à savoir bannir la guerre comme moyen de résoudre les conflits ?



Le fonctionnement des Nations Unies n'est plus en rapport avec notre temps. Notre pays soutient d'ailleurs l'entrée de l'Allemagne, le Japon, le Brésil, l'Inde et l'Afrique du sud dans le conseil de sécurité, afin de prendre en compte le poids économique et politique de ces pays dans le monde moderne. Comment dès-lors peut fonctionner un conseil de sécurité si tous ses membres permanents disposent du droit de veto, et quelle serait la réaction des nouveaux entrants si le droit de veto ne leur était pas donné ?

Mais les Nations Unies ne sont pas tout. C'est tout le fonctionnement des organismes internationaux, le Fmi, la Banque mondiale, où survit encore le principe d'un dollar-une voix, nécessitent d'être transformés pour prendre en considération ce que l'on a coutume d'appeler les pays du sud. Cela suppose pour les pays riches d'augmenter leur contribution à l'aide internationale qui s'étiole aujourd'hui pour atteindre en moyenne 0,7% de leur PIB. Si bien qu'une fondation comme celle de Bill Gates dépense chaque année, plus que l'OMS pour la vaccination en Afrique. Ce qui est tout au crédit du fondateur de Microsoft mais qui montre la démission de nos Etats face aux problématique sanitaires mondiales.





La France et l'Europe sont engagées par l'article 26 de la Charte des Nations Unies à ne détourner vers les armements que le minimum de ressources humaines et économiques nécessaires au maintien de la paix et de la sécurité. Le Traité de Lisbonne, l'OTAN leur enjoignent en même temps d'accroître leur effort militaire. La France et l'Europe doivent-elles selon vous maintenir, renforcer ou réduire leurs budgets consacrés à la Défense ?



Je ne suis pas certain que cela soit la bonne question. A mon sens, celle-ci est la suivante : quel budget est-il à la fois nécessaire et suffisant pour faire face aux missions conférées aux forces de sécurité ? Dans l'attente de la définition de ces missions, il est difficile de déterminer quel est alors le juste niveau. On peut imaginer que le livre blanc et les réformes qui pointent à l'horizon, diminution du nombre de bases militaires, des effectifs des armées, concentration de celles-ci sur leurs missions premières, externalisation, mutualisation des moyens, concentration des structures, ne sera pas sans impact sur le budget de la défense. Rappelons néanmoins, qu'il semble, que pour son degré d'équipement et les missions qui lui sont données, notre armée, nos armées, sont manifestement sous-dotées d'environ 40%, selon les objectifs impartis par modèle armée – 2015.

La question qui suivra sera alors de la réalité de cette réforme sur le moyen-terme. Et puisque nous sommes sur Brest, d'autres paramètres plus prosaïques nous intéressent : l'impact sur le tissu économique local de ces réformes. Déjà le départ du Gesma semble acquis, la venue des SNA de Toulon à Brest ne semble pas l'être. Si bien, qu'il faudra un jour poser la question de l'efficacité de nos parlementaires pour servir les intérêts de notre agglomération. Non pas pour demander toujours plus, mais pour les efforts ne soient pas toujours à sens unique. Si l'armée, comme le dit le ministre de la défense, ne fait plus de l'aménagement du territoire, alors les décisions doivent se prendre en fonction de l'intérêt de la nation, et pas systématiquement habiller Toulon pour déshabiller Brest. Sur la question du deuxième porte-avions nucléaire, là aussi on peut pointer du doigt l'absence de prospective des gouvernants de l'époque de ne pas avoir dégagé suffisamment de crédits pour en construire un deuxième. Aujourd'hui, il faut poser la question de la pertinence de ce projet et surtout de son ordre de priorité, notamment par rapport aux frégates multi-missions dont on saisit que leurs capacités sont plus en rapport avec les nouvelles missions de la Marine. Enfin, pour l'avenir de notre cité, il nous faudra faire définitivement le deuil d'une ville qui vivait de la commande d'Etat, pour tourner la page et trouver un nouveau modèle de développement économique.

Sur le plan européen, la politique de défense commune, avec l'intégration plus importante des armées européennes, à l'instar de l'Eurocorps, suppose d'abord que l'intégration politique soit mieux acceptée. Cela suppose un consensus qui aujourd'hui n'est pas trouvée, et qui, avec 27 membres, sera difficile à obtenir.





Conçue au temps de la guerre froide pour maintenir un équilibre de la terreur entre deux blocs à volonté hégémonique, la dissuasion nucléaire en général et sa variante française (dissuasion du faible au fort) ont-elles encore un sens dans le monde multipolaire d'aujourd'hui confronté à la nébuleuse du terrorisme ? Doit-on accepter l'évolution de cette arme de destruction massive comme arme de "guerre préventive" ? Peut-on faire face à la prolifération nucléaire, sans engager un réel désarmement nucléaire international ?





Dans sa récente allocution à Cherbourg, Nicolas Sarkozy a été très clair, et on peut donner le crédit, en indiquant, je cite : « L'arme nucléaire est une arme de légitime défense" conçue pour frapper les centres de pouvoir, économiques, politiques et militaires d'un agresseur éventuel, et, en tout état de cause, elle s'adresse uniquement aux Etats ». Il est revenu sur ce point, sur les propos de son prédécesseur qui avait pu laisser croire une sorte d'abaissement du seuil nucléaire. Enfin, il a indiqué que la France abaisserait son nombre de têtes nucléaires de 600 à 300. Ce qui est un geste de bonne volonté dans le cadre de la renégociation dans deux ans du traité de non-prolifération nucléaire. Ce désarmement nécessite un organisme chargé d'en assurer le suivi et surtout la réalité. C'est à notre sens le rôle de l'AIEA.







Dans plusieurs pays, dont la France, l'industrie de défense occupe une place importante dans l'économie. De son côté, l'Union Européenne pousse au renforcement de sa base industrielle de défense. N'y a-t-il pas là le risque de voir les intérêts de défense des populations inféodés à ceux de leurs lobbies militaro industriels ?



Le risque que vous évoquez ici n'est pas propre à la question de la défense en général. Chaque pouvoir nécessite, pour ne pas devenir absolu, un contre-pouvoir d'une force équivalente. A défaut, ce n'est plus de démocratie qu'il nous faut parler mais de lobbycratie. Certains régimes, aux Etats-Unis, acceptent volontiers cet état de faits. Il me semble cependant en contradiction avec les principes républicains qui régissent notre Etat. Néanmoins, les industries de l'armement se trouvent actuellement dans une logique économique qui est celle de toutes les entreprises : à savoir l'obtention d'une taille critique suffisante pour pouvoir peser en terme d'innovations et de compétitivité face à leurs concurrents. L'Europe l'encourage. Elle doit rester vigilante à la composition des capitaux de ces entreprises et promouvoir des règles de bonne gouvernance, dont on sait qu'elles ont, par le passé, étaient difficilement conciliables avec les règles du commerce des armes.





<strong>Quelle limitation, quel contrôle de la production et des transferts d'armements, y compris d'armes légères, considérez-vous nécessaires ? Quel désarmement doit-on envisager et comment ? Aux termes de notre constitution, le Président de la République a la responsabilité suprême en matière de défense et de politique étrangère. Cela fait partie de son « domaine réservé ». En conséquence de quoi, la représentation nationale est au mieux tenue informée des traités d'alliance passés, des transferts à des pays tiers de matériels sensibles, d'installation à l'étranger de nouvelles bases militaires…Trouvez-vous cette situation normale ? Et sinon comment envisagez-vous de développer la démocratie dans ce domaine ? Considérez-vous notamment comme essentiel que les citoyens puissent réellement s'informer, réfléchir, débattre sur les questions de "défense et de sécurité" ?



La commission qui s'est mise en place sous la houlette de Jean-Claude Mallet invite les Français, via son site internet à réagir, à proposer, à questionner. On compte pour chacun des thèmes moins de 200 réactions. Des commissions se sont mises en place qui rassemblent différentes personnalités ou représentants des forces vives ou encore des parlementaires, dont Patricia Adam. Le problème de notre régime politique est d'être dominé par la fonction présidentielle. Cela lui confère des avantages en terme de réactivité et de continuité des stratégies. Cela est plus discutable du point de vue démocratique. Quand d'autres pays font voter par leur parlement la présence de leurs forces armées sur des lieux de conflit extérieurs, l'Allemagne par exemple pour des raisons historiques, la France décide par la voix de son chef d'Etat. C'est une situation qui devrait au minimum, recevoir l'onction de la majorité des parlementaires. La réforme des institutions devrait prendre ce point en considération.





Voyez-vous la Paix comme une période sans guerre ou comme une autre manière de vivre ensemble ? Comment développer une culture de paix ?



L'ignorance est le terreau de tous les préjugés. La paix est certes une période de non-guerre. C'est une définition négative qui ne sied pas bien à ce concept. Et comme la guerre voit sa définition évoluer avec le temps, le concept de paix doit lui-aussi s'adapter. Cette manière de vivre ensemble doit appeler à la sérénité et refuser l'intransigeance. Comment ? Cela passe par l'éducation de tout un chacun, l'accès aux connaissances, à la culture, d'une manière générale. Suite à nos échanges, nous avons intégré dans notre projet municipal la création d'une maison de la citoyenneté, qui pourrait se situer dans les futurs anciens locaux de la bibliothèque d'études, en accès libre, et qui accueillerait des conférences, des expositions dédiés aux nouvelles formes de citoyenneté et aussi, et surtout, d'ouverture vers l'autre et ses différences, dont l'histoire nous montre qu'elles sont une source de richesses, et l'histoire de notre pays, à commencer par la généalogie de notre président actuel, en est la meilleure preuve.





Êtes-vous favorable à la poursuite de tels échanges publics ? selon quelles modalités ?




Quand vous êtes venus nous rencontrer dans le cadre de la campagne électorale des municipales, nous vous avons répondu avec promptitude, il me semble que nous étions alors les premiers à le faire, sur notre accord à participer à ce débat. Nous vous avions d'ailleurs proposé de l'intégrer au débat municipal en tant que tel. Car des réformes qui s'annoncent dans le domaine de la défense dépend une partie de l'avenir de notre ville, qui de tout temps, à son avantage ou à son détriment, a été, totalement ou partiellement, dépendante des industries de défense.

La présence du public ce soir montre le désintérêt relatif de nos concitoyens à l'égard des grandes questions de notre temps. Peut-être parce que l'essor de notre société d'information entraîne un sentiment de surinformation, et donc une forme de satiété face à la connaissance du monde dans lequel nous vivons. Or, face à la complexité croissante du fonctionnement de nos sociétés modernes, la facilité consiste à délaisser le débat, la contradiction pour s'enfermer, parfois, trop souvent, dans ses propres certitudes. Ici, comme dans toutes les formes de démocratie, la faible participation aux dernières élections locales le montre, il nous faut réinventer de nouvelles formes de débat. Cette soirée a le mérite d'exister, et je salue ses instigateurs d'avoir le courage de leurs convictions et d'œuvrer jour après jour pour celles-ci.

28.02.2008

Démocratie participative

La démocratie participative ne doit pas se limiter à l’information des citoyens mais bien s’étendre à une véritable consultations. La ville dispose pour ce faire de nombreux interlocuteurs : associations, syndicats, Conseils consultatifs de quartiers etc.

La consultation de la population aux grands projets de la ville et à sa gestion au quotidien est nécessaire à la bonne harmonie de notre ville et de ses quartiers. Nous assurerons donc la refonte du fonctionnement des conseils consultatifs de quartier afin de prendre en considération les demandes d’une démocratie plus directe et plus vivante. Nous améliorerons l’accès aux conseils municipaux et communautaires par des retransmissions sur Internet ainsi qu’un document servant de base aux délibérations.

Les Conseils Consultatifs de Quartier (CCQ) seront présidés par un membre non élu au conseil municipal. Ils seront force de propositions et auteurs de projets soumis au conseil municipal. Les décisions importantes serontsoumises à l’avis des VVQ et leur avis sera joint aux décisions du conseil municipal.

Un budget sera alloué à chaque CCQ, à l’élaboration de ces projets. Bien évidemment, il reviendra au conseil municipal de voter in-fine l’utilisation des fonds.

Une journée des CCQ sera instituée afin de permettre à la population de venir partager leurs travaux et à chaque CCQ d’échanger entre eux.

La communication des conseils consultatifs de quartier sera améliorée notamment avant chaque élection : chaque brestois pourra savoir à quel conseil il se rattache.  Un espace « CCQ » sera créé dans chaque mairie de quartier et en mairie centrale. Tous les vecteurs de communication de l’action des CCQ comme de l’action municipale et de ses partenaires sera soutenue ou développée comme les journaux de quartiers, leurs sites internet etc…

Les Conseils Consultatifs de Quartier ont vocation à devenir un laboratoire d’idées pour la municipalité.

27.02.2008

Rendez-vous avec Brest